Benoît Dutal jeune journaliste, s’engagea dans l’allée sinueuse du camp gitan, son carnet de reporter serré contre sa poitrine comme un bouclier. Le soleil déclinant teintait les caravanes de nuances chaudes, mais l’atmosphère, elle, était glaciale. Les regards des habitants se posèrent sur lui, mêlant curiosité et méfiance. À vingt-cinq ans, Benoît avait l’habitude des regards suspicieux, mais ici, il sentait une tension palpable, comme si chaque pas le rapprochait d’un piège invisible. Son t-shirt noir moulant et son jean délavé, habituellement signes de sa jeunesse décontractée, semblaient ici déplacés, presque provocateurs. Ses cheveux noirs, coupés en wolf cut, encadraient son visage fin, accentuant son air juvénile. Ses yeux bruns, d’ordinaire curieux et vifs, balayèrent l’assemblée avec une prudence nouvelle.
Il s’approcha d’un groupe d’hommes réunis autour d’un feu, leur sourire amical aux lèvres. « Bonjour, je m’appelle Benoît. Je suis journaliste et je voudrais en savoir plus sur votre mode de vie. » Sa voix était calme, mais son cœur battait la chamade. Les hommes échangèrent des regards chargés de sous-entendus, puis l’un d’eux, un homme trapu aux cheveux grisonnants, répondit d’un ton sec : « Et pourquoi tu veux savoir, petit ? »
Benoît haussa les épaules, son air juvénile et ses traits fins lui donnant un air presque enfantin. « Parce que je trouve ça intéressant. Et puis, les gens ont le droit de connaître votre culture. » L’homme grisonnant, qui s'appelait Monsieur Petrov,se raidit. « Notre culture, ce n’est pas un spectacle pour les curieux comme toi. » Benoît, impertinent comme toujours, insista : « Mais si les gens ne savent pas, ils ne peuvent pas comprendre. »
L’ambiance se tendit. Un autre homme, plus jeune, s’avança brusquement et arracha le carnet des mains de Benoît. « Tu crois que tu peux venir ici et nous interroger comme si on était des animaux dans un zoo ? » Il jeta le carnet au sol, les pages se dispersant dans la poussière. Benoît, stupéfait, se pencha pour le ramasser, mais l’homme le repoussa brutalement. « Laisse ça, petit con ! »
La foule se forma autour de lui, les voix s’élevant en un chœur hostile. Benoît recula, paniqué, son cœur battant à tout rompre. Il cherchait une issue, mais les visages autour de lui étaient fermés, menaçants. Les gestes se firent brusques, les mains se tendirent vers lui. Il sentit une pression sur sa poitrine, comme si l’air lui-même se raréfiait.
Soudain, une main se posa sur son épaule. Il se retourna, prêt à affronter une nouvelle agression, mais ce qu’il vit le laissa sans voix. Une jeune femme, les cheveux noirs comme l’ébène tombant en cascades sur ses épaules, le regardait avec des yeux d’un brun intense. Son visage était à la fois doux et déterminé, et son sourire était énigmatique. Elle lui murmura quelque chose en romani, une langue qu’il ne comprenait pas, mais le ton était apaisant.
Le silence tomba instantanément. La foule se figea, comme si la jeune femme avait jeté un sort. Benoît, perplexe, la regarda, son cœur battant toujours fort. Elle lui tendit son carnet, maintenant intact, les pages soigneusement rassemblées. « Merci », murmura-t-il, sa voix tremblante.
Elle sourit, un sourire qui ne disait rien et tout à la fois. « Tu n’es pas le bienvenu ici. Mais tu as du courage. Ne l’utilise pas à tort. » Elle se tourna et s’éloigna, laissant Benoît seul au milieu du camp, son carnet serré contre lui.
La foule se dispersa lentement, les regards toujours méfiants mais moins hostiles. Benoît resta là, partagé entre la peur et la fascination. Qui était cette femme ? Et pourquoi avait-elle intervenu en sa faveur ? Il se sentait à la fois soulagé et troublé, comme si cette rencontre avait ouvert une porte vers un monde qu’il ne comprenait pas encore.
Alors qu’il se retournait pour partir, une voix derrière lui le fit sursauter. « Tu crois vraiment que tu peux venir ici et poser des questions sans conséquences, petit ? » C’était l’homme grisonnant, Monsieur Petrov, son regard dur comme de la pierre. Benoît se raidit, prêt à défendre ses idées, mais avant qu’il puisse répondre, une main puissante se posa sur son épaule et le fit pivoter.
« Laisse-le, Ivan », dit une voix autoritaire. Benoît se retrouva face à un homme d’une quarantaine d’années, les traits marqués par les années mais le regard perçant. « Il a déjà eu sa leçon. »
Benoît, toujours impertinent, répondit : « Je ne vois pas en quoi poser des questions est une erreur. » L’homme le dévisagea un instant, puis haussa les épaules. « Tu es jeune. Tu apprendras. »
Mais Ivan Petrov n’était pas du même avis. Il s’avança, son visage rouge de colère. « Tu as manqué de respect à notre communauté, petit. Et ça, ça ne se passe pas comme ça. » Avant que Benoît puisse réagir, Ivan lui administra une gifle retentissante en plein visage. Le bruit de la claque résonna dans le camp, et Benoît porta instinctivement sa main à sa joue, les yeux écarquillés de surprise et de douleur.
Les spectateurs échangèrent des regards, certains approbateurs, d’autres gênés. L’homme d’une quarantaine d’années, que Benoît apprit plus tard s’appeler Monsieur Farkas, soupira. « Ivan, c’est assez. Il a compris. »
Mais Ivan n’était pas satisfait. « Non, il n’a pas compris. Il faut qu’il apprenne à respecter les anciens. » Il saisit Benoît par le bras et le traîna vers une caravane. « Tu vas recevoir une leçon que tu n’oublieras pas de sitôt. »
Benoît se débattit, mais Ivan était trop fort. Il fut poussé à l’intérieur de la caravane, où plusieurs hommes étaient déjà rassemblés. L’atmosphère était lourde, chargée d’une autorité qu’il ne pouvait ignorer. Monsieur Farkas prit la parole, son ton grave. « Benoît, tu as manqué de respect à notre communauté. Tu as posé des questions sans permission, et tu as oublié les codes. Pour ça, tu vas recevoir une fessée. »
Benoît sentit son cœur s’arrêter. Une fessée ? Il avait vingt-cinq ans, pas cinq. « Vous ne pouvez pas me faire ça ! » protesta-t-il, mais sa voix manquait de conviction.
Ivan le poussa vers un homme assis sur une chaise, les jambes écartées. « Alonge-toi sur ses genoux », ordonna-t-il d’un ton sans appel.
Benoît hésita, mais les regards autour de lui étaient impitoyables. Il se laissa tomber sur les genoux de l’homme, son visage rougi de honte. L’homme, un certain Monsieur Gheorghe, posa une main ferme sur son dos. « Ne bouge pas », dit-il d’une voix calme.
Benoît sentit les mains de Monsieur Gheorghe commencer à déboutonner son jean. Il se débattit faiblement, mais l’homme était trop fort. Son jean tomba, révélant son boxer noir. Il sentit une montée de panique, mais il était impuissant. Les mains de Monsieur Gheorghe glissèrent sur son torse, déboutonnant son t-shirt. Benoît ferma les yeux, essayant de se détacher de la situation, mais chaque mouvement le ramenait à la réalité.
Son t-shirt tomba, exposant son torse athlétique. Il sentit le regard des hommes autour de lui, et la honte le submergea. Puis, les mains de Monsieur Gheorghe attrapèrent la taille de son boxer et le baissèrent lentement. Benoît retint son souffle, sentant l’air frais caresser ses fesses nues. Il était complètement exposé, vulnérable.
La caravane était silencieuse, à l’exception des respirations lourdes et des murmures étouffés. Benoît sentit les regards des hommes peser sur lui, comme des lames affûtées. Il voulait disparaître, s’enfuir, mais ses muscles semblaient paralysés par la honte. Monsieur Gheorghe ajusta sa position, ses genoux solides comme des rocs sous le corps de Benoît. Ce dernier sentit la paume calleuse de l’homme se poser sur sa fesse droite, une caresse lourde de promesses douloureuses.
« Tu es prêt ? » demanda Monsieur Gheorghe d’une voix douce, presque paternelle. Mais Benoît savait que cette douceur était trompeuse.
Benoît ne répondit pas. Il serra les poings, ses ongles creusant la chair de ses paumes. Il sentit la paume de l’homme se lever légèrement, puis s’abattre avec une force surprenante sur sa fesse droite. La claque résonna dans la caravane, un son sec et humiliant. La douleur fut immédiate, brûlante, comme si une marque de feu avait été apposée sur sa peau. Benoît sursauta, ses jambes s’agitant dans le vide, ses pieds battant l’air en un geste involontaire et enfantin.
« Aïe ! » s’écria-t-il, sa voix brisée par la surprise et la douleur. La deuxième claque tomba sur sa fesse gauche, tout aussi violente. Benoît serra les dents, essayant de retenir un cri, mais la douleur était intense, et il ne pouvait s’empêcher de gigoter, ses jambes battant l’air comme celles d’un enfant. Les hommes autour de lui observaient en silence, certains avec des expressions approbatrices, d’autres avec une gêne palpable.
Les claques continuèrent, chacune plus forte que la précédente. Benoît sentit ses fesses s’enflammer, la douleur devenant insupportable. Chaque coup était une humiliation, un rappel de son impuissance. Il essaya de se relever, de se dégager des genoux de Monsieur Gheorghe, mais l’homme le maintint fermement en place, sa main libre pressant sur son dos pour l’immobiliser.
« Reste calme », dit Monsieur Gheorghe d’un ton ferme, mais pas sans une certaine compassion.
Benoît pleurait presque, sa respiration saccadée. « S’il vous plaît, arrêtez », supplia-t-il, mais les claques ne s’arrêtaient pas. Chaque coup résonnait dans la caravane, un rythme cruel et implacable. Ses fesses étaient maintenant en feu, rouges et douloureuses, et il sentait des larmes couler sur ses joues. Il avait honte de pleurer, honte de se débattre comme un enfant, mais la douleur était trop forte pour qu’il puisse la contenir.
Les spectateurs, bien que silencieux, étaient visiblement divisés. Certains hochaient la tête en signe d’approbation, comme si cette punition était nécessaire pour enseigner le respect. D’autres détournaient le regard, mal à l’aise face à l’humiliation publique d’un jeune homme. Ivan Petrov, en revanche, avait un sourire satisfait, comme si chaque claque était une victoire personnelle.
La fessée semblait durer une éternité. Benoît perdit la notion du temps, ne vivant plus que pour la douleur qui pulsait dans ses fesses. Ses jambes, d’abord agitées, commencèrent à faiblir, ses mouvements devenant plus lents, plus désespérés. Il sentait la transpiration perler sur son front, son torse, mêlée aux larmes qui coulaient sur ses joues. Il était épuisé, physiquement et émotionnellement, mais les claques continuaient, implacables.
Enfin, après ce qui lui sembla une éternité, les claques cessèrent. Monsieur Gheorghe le relâcha doucement, et Benoît se releva rapidement, ajustant son boxer et son jean. Il évita les regards des hommes, sa fierté en miettes. Ses fesses brûlaient, et il savait qu’elles seraient marquées pendant des jours, un rappel constant de cette humiliation.
Monsieur Farkas prit la parole, son ton toujours grave. « Tu as appris ta leçon, Benoît ? »
Benoît hocha la tête, incapable de parler. Sa gorge était serrée, et il avait peur de craquer si jamais il ouvrait la bouche. Il se sentait humilié, mais aussi étrangement calme, comme si une partie de lui avait accepté cette punition, même s’il la trouvait injuste.
Il quitta la caravane, ses fesses douloureuses lui rappelant chaque pas. Le camp était maintenant silencieux, les regards toujours méfiants mais moins hostiles. Il se dirigea vers la sortie, son carnet serré contre lui, et jeta un dernier regard en arrière. La jeune femme était là, debout près d’une caravane, son sourire énigmatique toujours présent.
Elle leva la main, un geste d’adieu ou peut-être un avertissement. Benoît sentit son cœur battre un peu plus vite. Qui était-elle vraiment ? Et que lui réservait l’avenir ? Il partit, laissant derrière lui un camp de gitans et une leçon qu’il n’oublierait jamais. La scène se figea sur son visage, partagé entre la peur, la fascination et une curiosité qui ne ferait que grandir. Le crépuscule enveloppait le camp, et Benoît se demanda si un jour il comprendrait vraiment ce qui s’était passé ici.
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